GUERNINA: est le nom de notre héros mais également celui d’une herbe sauvage, qui pousse un peu partout en Afrique du nord et qui souvent, a constitué un précieux palliatif pour ceux qui dans les moments de disette n’avait pas grand-chose pour se nourrir.
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L’enterrement de cheikh Kadour vida tout le village ainsi que tous les hameaux avoisinants de leurs hommes, une foule compact et silencieuse entoura la tombe avant que el hadj Lahcen ne prononce l’oraison funèbre, au même moment la mise sous terre commença, Le corps du défunt avait été gardé pendant trois jours a l’hôpital pour les besoins de l’autopsie.
L’atmosphère de consternation mélangée a de la suspicion n’arrivait pas a se dissiper, et de la méfiance s’installa vite parmi les habitants du village.
Cheikh Kadour était un homme riche, influent et très respecté, on l’aimait pour sa bonne humeur mais aussi et surtout pour sa générosité.
Partout on ne se lassait pas d’évoquer la célèbre phrase qu’il prononça le jour où les criquets ont commis leur dévastation : «tant que le souffle ne quittera pas ma poitrine, je jures qu’ici, sur la terre de ma tribu, celle de mes ancêtres, nul ne mourra de faim»
Il n’hésitait pas un instant à sacrifier un mouton, parfois une vache pour ensuite les partager entre les nécessiteux dans une totale discrétion.
Le soir, loin de tout regard, il frappe a la porte de l’indigent, remet un sachet plein de provisions puis se volatilise, tout le monde était au courant de ses agissements et tous respectaient sa façon de faire en feignant d’ignorer son manège.
Le vieux Kadour pouvait mourir tranquille, même assassiné s’il n’y’avait pas ce reproche de ses enfants, un reproche qui était là, planté comme une épine sous le pied et qui éloigna de lui la sérénité a laquelle il aspirait tant.
Ils ne lui ont en effet, jamais pardonné son remariage après le décès de leur mère, emporté par une longue maladie, avec une femme de la ville dont on disait qu’elle exerçait le plus vieux métier du monde avant de mettre le grappin sur leur père, depuis ses deux fils et sa fille sont partis vivre quelque part dans une cité lointaine, et n’ont jamais remis les pieds dans leur ferme, d’ailleurs aucun d’eux ne s’est manifesté pour accompagner son père a sa dernière demeure, même sa seconde femme a finit étrangement par le quitter un jour, sans laisser d’adresse.
Le lieutenant Slimane officier de la gendarmerie chargé d’enquêter sur le crime déploya d’énormes efforts pour essayer de joindre l’un d’eux mais sans succès.
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Au moment ou tout le village assistait a l’enterrement, Guernina comme a son habitude décida de faire un tour dans la forêt, a la recherche de quelques racines grasses a se mettre sous la dent Zenouba a beau essayer de le dissuader de ne plus s’aventurer loin de la maison, elle n’y arriva jamais.
Zaligou qui devait comme a l’accoutumée l’accompagner n’as pas montré signe de vie, qu’a cela ne tienne, il ira seul.
Dévalant les sentiers tortueux Guernina arriva prés de la ferme du désormais feu Kaddour, il s’arrêta un instant attiré par un bruit de moteur ,s’approcha un peu plus pour bien distinguer d’où peuvent bien provenir ces vrombissements , là ,il voit un homme sortir de la forêt avec un coffret qu’il s’empressa de mettre dans une voiture ,l’homme qui semblait très pressé jetait son regard dans tout les sens, et c’est ainsi qu’il croisa celui de Guernina,un regard de bête furieuse qui glaça le sang du pauvre gamin.
L’homme s’empara d’une barre de fer dissimulé sous le siège avant de son véhicule et se rua en courant vers Guernina cloué sur place, immobilisé par une peur bleu, mais, n’ayant pas fais trois pas qu’une pluie de pierres s’abattit sur cet étrange individu, lancés par Zaligou qui se tenais pas loin de Guernina, accompagnés de cris déchirants , les villageois qui revenaient du cimetière les entendirent et se mirent a courir en direction de la ferme, l’homme pris de panique lâcha la barre de fer, fit demi-tour, se précipita dans sa voiture et démarra dans un terrible crissement de pneus pour finalement disparaître dans la nature.
Le lieutenant Slimane arriva le premier sur les lieux il entoura les deux garçons de ses bras vigoureux ,rassurés ,ils commencèrent tout les deux a raconter ce qui venait de leur arriver, l’officier les écouta attentivement, Il s’approcha ensuite des traces laissées par la voiture, Guernina qui se trouvait a ses cotés lui indiqua l’endroit de la forêt d’où sortait le fuyard , Slimane empoigna son arme et s’avança il n’a pas eu besoin d’aller plus loin, a l’entrée même de la forêt il découvrit un trou creusé dans la terre, d’ou sans doute le coffret a été retiré, en revenant sur ses pas le lieutenant s’accroupit a hauteur de guernina et son ami Zaligou et d’une voix douce mais ferme leur demanda : « connaissez -vous l’homme qui vient de s’enfuir ?»
Zaligou fit non de la tète.
Guérnina sur de lui, tonna : « oui ! Je l’ai vu une fois discuter avec cheikh Kadour »
« Habite-t- il le village ?» enchaîna Slimane
Guernina « c’est la seule fois que je l’ai vu dans les parages ! »
Le lieutenant se relava toisa l’assistance avant de lancer : « l’individu a sans doute un lien avec ce qui vient de se passer, il a choisit l’instant ou tous les hommes étaient réunit au cimetière pour revenir sur le lieu du crime, a partir de maintenant, il faudra surveiller ces deux gosses, leurs vies est peut -être en danger, je comptes sur vous pour ne plus les laisser pénétrer dans la forêt»il ramassa ensuite la barre de fer abandonnée par terre et s’en alla.
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« Je vous ferais parvenir le rapport dans les plus brefs délais mon colonel » Le lieutenant Slimane posa le combiné du téléphone, puis se mit à éplucher une pile de dossiers poussiéreux, il les passa tous en revu avant de les balancer sur son bureau dans un geste de dépit.
Il s’est souvenu d’une affaire de mœurs qui remontrait a une dizaine d’années et a la quelle était mêle la deuxième femme de Kadour, juste avant qu’elle ne fasse la connaissance du regretté cheikh.
Fraîchement lancé dans le métier, il se rappela d’un troublant détail qui ne l’avait pas vraiment marqué à l’époque, lorsqu’il a été désigné pour faire un tour dans une maison close et interroger quelques prostituées qui y travaillaient
Jeune et bel officier , l’une des filles s’enticha de lui et s’en alla a des confidences que Slimane n’avait pas trop pris au sérieux ,une histoire de coffret ancien caché dans la montagne dont seule une personne connaissait l’emplacement, et que des gens puissants et très haut placés dans le gouvernement cherchaient a récupérer a tout prix.
Sur le coup, il pensait que la fille avait inventé cette histoire de toute pièce, dans l’unique but de le revoir et pour qu’il s’intéresse à elle de plus prés, une erreur de débutant regretta-il.
Sergent Sebti poussa la porte du bureau de son supérieur et plaça une chemise sous le nez de Slimane, «Voilà le dossier mon lieutenant, j’ai finit par retrouver une copie dans les archives » affirma-il tout heureux, Slimane s’empressa de l’ouvrir, il parcourra vite les feuilles de papier pour s’arrêter net devant un nom : Abla, celui de la prostituée amoureuse dont il avait gardé un douloureux souvenir.