GUERNINA: est le nom de notre héros mais également celui d’une herbe sauvage, qui pousse un peu partout en Afrique du nord et qui souvent, a constitué un précieux palliatif pour ceux qui dans les moments de disette n’avait pas grand-chose pour se nourrir.
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Une grenouille dans une main ,un mégot allumé dans l’autre, Guernina s’adonnait avec Zaligou son acolyte de toujours a l’un de ses jeux favoris ;faire éclater des batraciens en leurs faisant aspirer de la fumée de cigarettes ,il étais tellement absorbé par sa cruelle distraction qu’il n’a pu voir arriver la baffe que
lui envoya Lazhar l’ainé de la famille : « la prochaine fois que je t’attrape une cigarette a la main, je te brulerais les lèvres
avec ,petit morveux » jura Lazhar avant d’entamer sa descente vers le village pour aller vendre les quelques ustensiles en poterie confectionnés par Zenouba, Zaligou qui ne pouvait retenir un gloussement reçu la visqueuse
grenouille en plein figure ,le pauvre Zaligou assumait ainsi sont rôle de souffre douleur sans
brancher.
Les deux garçons passaient leurs journées a gambader dans les champs ils allaient fréquemment cueillir les fruits et les herbes sauvages pour les manger , d’ailleurs, Guernina ne devait son surnom qu’a sa fâcheuse manie a mâchonner tout le temps et en tout lieu le butin de sa récolte.
cheikh kaddour qui ne manquait aucune occasion pour le taquiner a chaque fois qu’il le voyait roder autour de son étable, fait remarquer un jour en présence d’un groupe de villageois qu’avec tout ce qu’il broute comme herbes, bien malin celui qui arrivera a différencier les excréments de Guernina avec la bouse d’une vache .
Guernina n’en a cure de toutes ses moqueries tout cela s’estompera, dés que son père rentrera de France avec plein d’argent, de jouets et d’habits neufs ,ce jour là tout le monde lui témoignera de la considération, il sera comme un fils de notable choyé et respecté , c’est du moins ce que lui confessa zenouba.
En rentrant a la maison guernina croisa devant la porte la demi- sœur de zenouba ,tante El ghalia qui venait juste de sortir, elle le gratifia de son sourire glacial découvrant une dentition carnassière noircit pas toute une vie passée a chiquer du mauvais tabac ,elle lui tira la joue avant de lui caresser les cheveux ,il la détestait , elle ne lui a jamais inspiré confiance, malgré son âge d’insouciance
A l’intérieur de la maison Guernina trouva Zenouba effondrée, en pleurs, elle venait d’apprendre par sa demi-sœur que Azouz son mari avait pris en secondes noces une gaouriya (étrangère) avec laquelle il a même eu une fille.
L’enfant ne comprenait rien a la détresse de sa mère, il se jeta a son cou en sanglotant a son tour
Son instinct ne l’a pas trahit, l’oiseau de mauvaise augure est bien passé par là, et que pouvait il apporter d’autre sinon malheur et désolation.
Ce soir là toute la famille se rassembla autour d’un ragout de légumes avec quelques morceaux de viande que lazhar a ramené du village après avoir réussit a vendre toute sa marchandise ce qui a eu pour effet d’apaiser leur faim, mais surtout leur chagrin qui a envahit le misérable taudis.
Zenouba n’a rien avalé, elle attendit jusqu’ ce que tout le monde ai fini, elle se leva s’affaira a tout débarrasser, faire la vaisselle puis étaler les tapis et matelas par terre aidée par ses filles.
Le ciel peut bien lui tomber sur la tète, il n’arrivera pas a la détourner de son dévouement et de son sacrifice pour ses enfants.
Cette nuit là comme pour alourdir encore l’atmosphère un terrible orage éclata ,Guernina n’arrivait pas a trouver le sommeil ,il se retournait sans cesse sous sa couverture, par moments il se réveillait en sursaut sujet a d’angoissantes suffocations, sous la lumière des éclairs, Lazhar qui n’a pas fermé l’œil de la nuit l’observait, il s’approcha de lui, le pris dans ses bras ,et d’une voix inaudible , lui demanda pardon pour l’avoir giflé ,Guernina grommela des propos inintelligibles et s’assoupit pour ne plus bouger, l’orage s’arrêta brusquement et lazhar a son tour sombra Dans un profond sommeil.
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Le lendemain, a l'aube , en allant puiser de l’eau a la fontaine Zenouba remarqua un mouvement inhabituel a cette heure –ci de là matinée ; tout les hommes du village convergeaient vers l’étable du cheikh kaddour ,elle entendit certains dire qu’il a été touché par la foudre hier soir et qu’en la retrouvé mort, gisant sous un arbre non loin de sa maison , Zenouba se précipita pour réveiller Lazhar afin qu’il aille voir de quoi il en retournait,Lazhar ne se fait pas prier ce genre d’événements n’arrive pas tous les jours dans leur patelin perdu, il s’habilla en un quart de tour et le voila au premières loges ,là, il vît la victime étalée dans une marre boueuse ,face contre terre a coté d'elle el hadj Lahcen, l’imam du village, qui s’acharnait a tirer le cadavre par l’épaule pour le retourner sur le dos ,Lazhar dans un geste mécanique porta ses mains a ses yeux ,des clameurs et des prières fusèrent de toutes parts !
« La foudre est innocente !…dieu est grand » soupira el hadj lahcen.
Cheikh kaddour les yeux exorbités, la bouche grande ouverte, avait un couteau profondément planté en plein milieu de sa poitrine!
La stupéfaction se lisait sur tous les visages des personnes présentes sur les lieux !
Mais qui pouvait en vouloir au vieux kaddour au point de l’assassiner ?