GUERNINA: est le nom de notre héros mais également celui d’une herbe sauvage, qui pousse un peu partout en Afrique du nord et qui souvent, a constitué un précieux palliatif pour ceux qui dans les moments de disette n’avait pas grand-chose pour se nourrir.
5
Azouz : « je vais t’expliquer, ne soit pas impatient »
Amar « je te signale que j’ai un vol a prendre demain matin, et je dois rentrer au plus vite sur Paris, je n’ai même pas préparé mes bagages »
Azouz : « demain, tu ne partiras point !»
Amar : « là, je suis bien certain que quelque chose ne tourne pas rond dans ta petite tète »
Azzouz : « Je t’en supplie Amar, écoute moi bien »
Azouz exposa la fumeuse idée qui lui a traversée l’esprit, sans laisser le temps a son cousin de réagir, ni même ouvrir la bouche une seule fois, quand il termina il prit le visage de Amar entre ses mains ,posa longuement ses lèvres sur son front et enfin, il lui fixa rendez-vous :« demain matin au café de la gare, j’arriverai par le train de 8h »
Amar sortit complètement groggy de chez son cousin Il s’engouffra dans sa voiture, démarra en trombe, faillit a deux reprises renverser des piétons, au fond de lui, il se maudissait d’avoir entrepris cette visite familiale.
Amar n’a pas souvenir d’avoir passé une aussi mauvaise nuit, cela ne l’empêcha pas d’être le 1er a l’heure du rendez vous, il ne badine pas avec la parole donnée même si cela doit lui causer sa perte.
Il n’a même pas eu le temps de commander un café qu’Azouz apparu, tout excité oubliant les salutations d’usages, il annonça fébrilement : « j’ai viens d’avoir Malik pour la 3eme fois au télephone, il dit que c’est un jeu d’enfant pour lui »
« Allons y le voir, et qu’on en finisse une fois pour toute avec cette histoire » répliqua Amar
Azouz : « il sera là dans une demi –heure, dégustes ton petit déjeuner en attendant »
Amar : « déguster a cet instant précis, est un bien grand mot mon cher cousin »
Azouz : « je suis sur que ça va marcher comme sur des roulettes ; débarrasse toi de cette mine défaite, tu vas me refiler tes angoisses ».
Amar : « es-tu au moins conscient du risque que tu me fais courir ? »
Avec son visage émacié et ses yeux vifs, Malik respirait la magouille de loin, tel un sioux il pénétra dans le café
sans se faire remarquer, il s’assit a la tables des deux cousins les laissant interloqués
Azouz : « tu descends du ciel ou quoi, comment es- tu entré ? »
Malik : « salut les amis, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas beaucoup de temps à vous consacrer
mes affaires m’attendent, et on plus je ne veux pas m’éterniser dans cet endroit »
Amar : « t’es comme un poisson, si tu sors de ton quartier de Barbés, tu étouffes »
Malik : « gardes tes réflexions pour toi ; écoutez moi bien, si un quelconque problème survient
Vous ne m’avez jamais vu d’accord ? »
Azouz : «voyons Malik, tu nous connais pourtant ! »
Malik : « tu as ce que je t’ai demandé Azouz ? »
Azouz : « oui bien sur, voila la photo et la somme convenue »
Malik « et toi Amar tu n’as rien a me remettre »
Amar sortit de de la poche intérieur de sa veste une masse de papiers
Il les feuilleta puis saisit son passeport et le jeta sur la table.
Malik l’ouvrit le regarda attentivement esquissa un geste de la tète et lança : »
Tout sera prêt pour le mercredi » et s’esquiva sans bruit, comme il est venu.
6
Alors que sa grand –mère s’affairait a lui ranger ses habits dans une petite valise, Eva-Saida
Sautillait de joie en voyant son père dans le jardin, puis elle dédalla les escaliers pour
Aller embrasser Azouz qui l’étrenna au point de l’étouffer, pour enfin aller s'engouffrer dans le taxi loué pour toute la journée.
Azouz avait prévenu la mère d’Yvonne qu’il a pris quelques jours de congé pour amener sa fille à Marseille profiter de l’air marin.
Le taxi fit un grand détour avant de prendre la direction de Barbes, Azouz se tourna vers sa fille occupée a passer un coup de peigne a une poupée, dont la chevelure rebelle lui donnait du fil à retordre, il la contempla tendrement, il sourit, une larme Perla dans le creux de sa paupière puis coula sur sa joue.
A Barbés la voiture fit une halte, Azouz baissa la vitre et vit Malik surgir au coin d’une rue, il s’approcha pour lui glisser Une enveloppe.
« vise le travail d’artiste » dit fièrement Malik
Azouz vérifia le contenu de l’enveloppe, il le leva le pouce vers le haut en guise d’admiration, et remercia Malik avant que le taxi ne poursuive son chemin.
7
En cette douce et belle matinée d’été Azouz, Ammar et Eva Saida attendait patiemment a l’aéroport leur vol non pas pour Marseille mais pour Alger ,il faut dire que Azouz a bien monté son coup ,et Malik ,un faussaire comme il y’en a pas deux , a fait un travail parfait , il a astucieusement remplacé la photo de Amina ,la fille de Ammar par celle de Eva –Saida sur le passeport de Amar les deux filles avaient le même âge ce qui lui a grandement facilité la tache.
Azouz avait bien pressentit que personne ne pouvait soupçonner la supercherie , une fille qui voyage avec son père et son oncle, quoi de plus normal, même si les rôles ont été inversés pour les besoins de la cause.
Une fois dans l’avion Azouz eu la plus grande frayeur de sa vie, juste avant le décollage, un policier se précipita a l’intérieur et se dirigea droit vers leurs sièges regarda Azouz et l’interrogea :
« Monsieur, êtes vous le père de cette ravissante fille assise à coté de vous »
Azouz faillit s’évanouir.
« C’est moi le père, y’a il un problème? » intervena Amar
Le policier : « aucun problème elle a juste laissé trainer sa poupée au pied de la passerelle,tenez, la voici, et bon voyage »
Revenu a ses esprits 10mn après, Azouz lâcha un souffle puisé au plus profond de ses entrailles qui traversa toute l’allée de l’avion, pour se confondre après, avec celui du mastodonte qui monta dans les aires, au grand soulagement des deux cousins.