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« Où est-ce qu’on est papa ? » interrogea naïvement Eva Saida
« Chez nous, chez toi, dans ta nouvelle maison ! »
« Et mamie, on va la voir quand ?» répliqua Eva Saida
«Pas pour l’instant ma chérie mais plus tard on ira lui rendre visite » promet Azouz avant de franchir le pas de sa vielle demeure
Zenouba assise sur un petit tabouret en bois été entrain de préparer des galettes a base d’orge elle sursauta a la vue de Azouz et faillit tomber a la reverse ,ce dernier se pencha pour la retenir ,une geste qu’il n’avait jamais entrepris avec sa femme et qui ajouta un brin d’étonnement dans le regard de Zenouba, mais ce qui l’a incontestablement surpris, c’est bien cette petite gamine aux yeux d’agates farouchement agrippée a la jambe de Azouz et l’air complètement perdu
Azouz salua sa femme en l’embrassant sur le front comme le veut la tradition avant de lui présenter Eva-Saida ,la gorgée nouée il avoua : « Je sais que tu es au courant de ma situation en France ,voila c’est Saida ,ma fille, sa mère est morte tragiquement sans lui laisser le temps de grandir ,un seul être peut combler le vide laissé au fond de son si petit cœur et lui apporter l’amour dont elle a besoin a son âge et cette personne ,c’est bien toi Zenouba »
Noyée dans un bain d’émotions Zenouba ne revint à la réalité que lorsque Guernina entra à son tour et se jeta littéralement sur son père en s'accaparent l’autre jambe d’Azouz, cette scène assez cocasse arracha un sourire à zenouba et un énorme éclat de rire Azouz !
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A la fin du diner qui scella les retrouvailles de la famille au complet, tous sortirent prendre l’air dehors en cette fraiche nuit d'été, il ne resta à l’intérieur de la maison que Azouz dans les bras duquel somnolait Eva Saida et Zenouba adossée au mur, perdue dans ses pensées, figée comme une statuette sans le moindre frisement de cils
Azouz resta un long moment plongé dans une saisissante méditation, son visage trahissait une profonde gène, il hésita un instant avant de s’adresser a sa femme :
« Zenouba, tu ne peux imaginer a quel point je regrette ce que je t’ai fais, tu ne le mérites pas , surtout pas toi ,je suis conscient de toutes les souffrances que tu as pu endurer… quand je regarde en arrière je me rends compte, de ma lâcheté, c’est vrai, on a jamais discuté sérieusement de notre vie ,je donnais des ordres et toi tu exécutais et chaque2 ans a peu prés on faisait un enfant, voilà a quoi se résumait notre existence ,ailleurs les couples se parlent, ouvrent leurs cœurs ,se concertent et décident ensemble de leurs projets, de l’éducation des enfants, du sens a donner a leur vie, c’est vrai aussi ; nous sommes sous l’emprise de nos coutumes qui malgré le trop plein de générosité, et de bonté qui en émanent , ne nous laissent pas pour autant franchir cette limite érigée depuis des siècles et siècles ,cette barrière au delà de laquelle aucune remise en question n’est permise . ..le monde change, et bouscule les rapports des hommes entres eux et envers tout ce qui les entoure, faut ‘il prendre le train en marche où rester loin de tout ces bouleversements ? question que je me pose chaque jour, je n’ai pas encore de réponses convaincantes, mais je ne veux pas rester sur place, je dois avancer quitte a heurter certaines dogmes bien enracinés sur cette terre ! » puis Azzou plongea sa main dans la poche de son veston pour en sortir un épais sachet et poursuivit : « voila toutes mes économies , gardes les ,a partir de maintenant ,rien ne se fera sans ton consentement, j’irai dés demain chercher un grande maison a louer au village, en attendant de construire une grande bâtisse pour notre famille ,je me lancerais aussi dans le commerce, on a les moyens maintenant , J’ ai quelques bonnes idées sur ce point, si tu n’y vois aucun inconvénient bien sur. Encore une fois je te demande pardon Zenouba »
« Dieu t’a rendu a tes enfant c’est le plus important » rétorqua Zenouba, des propos qui
sous entendent qu’elle ne lui tient pas rancune.
Azouz se leva et sortit, il fit quelques pas dehors, il ne s’est jamais senti aussi léger .
Eva-SAIDA n’a pas mis longtemps pour se sentir a l’aise dans sa nouvelle famille, il faut dire que
L’amour et la tendresse de Zenouba ,la gentillesse la disponibilité des filles et surtout les pitreries de Guernina qui n’arrêtait pas de faire l'intéressant du matin au soir pour égayer cette étrange sœur venue de loin ont facilité son intégration , fait d’elle la curiosité du village , adorée et continuellement chouchoutée ,elle finit par ne plus réclamer sa grand- mère ce qui combla Azouz de bonheur car ,il savait que rien, ni personne ne peut retenir sa fille parmi eux contre son grés.
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Une semaine est déjà passée depuis son arrivée, Azouz, la tète dans les nuages continuait à savourer ces moments d’euphories dont il n’a jamais soupçonné l’existence,
Assis sous un arbre, avec Guernina et Eva Saida a ses cotés, AZOUZ, munis d’un couteau et de morceaux de bois s’est mis à confectionner des figurines qu’il remettait ensuite a ses enfants
Tout deux Émerveillés pas le talent de sculpteur de leur père
Tout en s’adonnant a son art Azouz remarqua au loin une silhouette qui avançait vers eux ,et plus elle s’approchait et plus le visage de Azouz s’assombrissait , puis il s’est mit a trembloter , il revu dans un bref instant ,tout le film de sa vie en France défiler devant ses yeux , pour s’arrêter sur l’image du policier en uniforme qui se présenta a lui dans l’avion, car cette image là avait quelques ressemblances avec celle qui s’immobilisa devant ses yeux et qui elle, est bien réelle.
« Bonjour, vous êtes bien Mr Azouz Bencharif « s’assura le lieutenant SLIMANE qui se tenait en face lui
Azouz dans une attitude d’appréhension se courba sur Eva –Saida et la serra très fort contre lui.