Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 23:28
                                                                                   


    

 

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« Où est-ce qu’on est papa ? »  interrogea naïvement Eva Saida

«  Chez nous, chez toi, dans ta nouvelle maison ! »

« Et mamie, on va la voir quand ?» répliqua Eva Saida

«Pas pour l’instant ma chérie  mais  plus tard on ira lui rendre visite  » promet  Azouz avant de franchir le pas de sa vielle demeure

Zenouba assise sur un petit  tabouret  en bois été  entrain  de préparer  des galettes a base d’orge elle sursauta a la vue de Azouz et faillit tomber a la reverse ,ce dernier se pencha pour la retenir ,une geste  qu’il n’avait jamais entrepris  avec sa femme et qui ajouta un brin d’étonnement dans le regard de Zenouba, mais ce qui  l’a incontestablement  surpris, c’est bien cette petite gamine  aux yeux d’agates farouchement agrippée a la jambe de Azouz  et l’air complètement perdu

 

Azouz salua sa femme en l’embrassant  sur le front comme le veut la tradition avant de lui présenter Eva-Saida ,la gorgée nouée il avoua : «  Je sais que tu es au courant de ma situation en France ,voila c’est  Saida  ,ma fille, sa mère est morte tragiquement sans lui laisser le temps de grandir ,un seul être peut combler le vide laissé au fond de son si petit cœur et  lui apporter l’amour  dont elle a besoin a son âge et cette personne ,c’est bien toi Zenouba »

Noyée dans un bain d’émotions Zenouba ne  revint à la réalité que  lorsque Guernina entra à son tour et se jeta littéralement sur son père en s'accaparent l’autre jambe d’Azouz, cette scène assez  cocasse arracha un sourire à zenouba et un énorme éclat de rire Azouz !

 

 

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A la fin du diner qui  scella  les retrouvailles de la famille au complet, tous sortirent prendre l’air dehors en cette fraiche  nuit d'été, il ne resta  à l’intérieur de la maison que Azouz dans les bras  duquel somnolait Eva Saida  et Zenouba  adossée au mur, perdue dans ses pensées,  figée comme une statuette sans le moindre frisement de cils

 

                Azouz  resta un long moment plongé dans une saisissante  méditation, son visage  trahissait une profonde gène, il hésita un instant avant de s’adresser a sa femme :

« Zenouba, tu ne peux imaginer  a quel point je regrette ce que je  t’ai fais, tu ne le mérites pas , surtout  pas toi ,je suis conscient de toutes les souffrances que tu as pu endurer…  quand je regarde en arrière je me rends compte, de ma lâcheté, c’est vrai, on a jamais discuté sérieusement de notre vie ,je donnais des ordres et toi tu exécutais  et chaque2 ans a peu prés on faisait un enfant, voilà a quoi se résumait notre existence ,ailleurs les couples se parlent, ouvrent leurs cœurs ,se concertent et décident ensemble de leurs projets, de l’éducation  des enfants, du sens a donner a leur vie, c’est vrai aussi ; nous sommes  sous l’emprise de nos  coutumes qui malgré le trop plein de générosité, et de bonté  qui en émanent  , ne nous laissent pas pour autant  franchir cette limite  érigée depuis des siècles et siècles ,cette  barrière au delà de laquelle  aucune  remise en question n’est permise . ..le monde change, et bouscule  les rapports des hommes entres eux et envers tout ce  qui les entoure, faut ‘il prendre le train en marche où rester loin de tout ces bouleversements ?   question  que je me pose chaque jour, je n’ai pas encore de réponses convaincantes, mais je ne veux pas rester sur place, je dois avancer quitte a heurter certaines dogmes bien enracinés sur cette terre ! » puis Azzou  plongea sa main dans la poche de son veston  pour  en sortir  un épais sachet et poursuivit : «  voila toutes mes économies , gardes les ,a partir de maintenant ,rien ne se fera sans ton consentement, j’irai dés demain chercher  un grande maison a louer au village, en attendant de construire  une grande  bâtisse   pour notre famille  ,je me lancerais aussi  dans le commerce, on a les moyens maintenant ,  J’ ai quelques bonnes idées sur ce point, si tu n’y vois aucun inconvénient bien sur.  Encore  une fois je te demande pardon Zenouba »

« Dieu t’a rendu a tes enfant c’est le plus important  »  rétorqua  Zenouba, des propos qui

sous entendent qu’elle ne lui tient pas rancune.

 

Azouz se leva et sortit, il fit quelques pas dehors, il ne s’est jamais senti aussi léger .



Eva-SAIDA n’a pas mis longtemps pour se sentir a l’aise dans sa nouvelle famille, il faut dire que  

L’amour et la tendresse de Zenouba ,la gentillesse  la  disponibilité des filles et surtout les pitreries de Guernina qui n’arrêtait  pas de faire l'intéressant du matin au soir pour  égayer  cette étrange  sœur venue de loin  ont facilité son intégration , fait d’elle  la curiosité du village , adorée et  continuellement  chouchoutée  ,elle finit par  ne plus  réclamer sa grand- mère   ce qui combla Azouz de bonheur car ,il savait que rien, ni personne ne peut  retenir sa fille parmi eux contre son grés.   

 

 

 

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Une semaine est déjà passée  depuis son  arrivée, Azouz, la tète dans les nuages continuait à savourer ces moments  d’euphories dont il n’a jamais soupçonné l’existence, 

Assis  sous un arbre, avec Guernina et Eva Saida a ses cotés, AZOUZ, munis d’un couteau et de morceaux de bois s’est mis à confectionner des figurines qu’il remettait ensuite a ses enfants

 Tout  deux Émerveillés pas le talent de sculpteur  de leur père

Tout en s’adonnant a son art  Azouz remarqua  au loin une silhouette qui  avançait  vers  eux ,et plus elle s’approchait et plus le visage de Azouz s’assombrissait , puis il s’est mit a trembloter , il revu dans un bref instant  ,tout le film de sa vie en France défiler  devant ses yeux , pour  s’arrêter  sur l’image du policier en uniforme qui se présenta a lui dans l’avion, car cette image là avait quelques ressemblances  avec celle  qui s’immobilisa  devant ses yeux et qui elle, est bien réelle.

« Bonjour, vous êtes bien Mr  Azouz  Bencharif «  s’assura le lieutenant SLIMANE qui se tenait en face lui

Azouz dans une attitude  d’appréhension  se courba  sur Eva –Saida  et la serra  très fort contre lui.

 

 

 

 

Par scribou - Communauté : ALGERIE
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